{"id":529,"date":"2012-03-18T17:15:26","date_gmt":"2012-03-18T17:15:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.philon.be\/?page_id=529"},"modified":"2012-03-18T17:17:21","modified_gmt":"2012-03-18T17:17:21","slug":"historique-des-societes-detudiants-suisses","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.philon.be\/?page_id=529","title":{"rendered":"Historique des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants SUISSES"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>HISTOIRE DES SOCIETES D&rsquo;ETUDIANTS SUISSES<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nL&rsquo;histoire des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants plonge ses racines dans les premi\u00c3\u00a8res universit\u00c3\u00a9s europ\u00c3\u00a9ennes. Lorsqu&rsquo;au milieu du XVe si\u00c3\u00a8cle, Fran\u00c3\u00a7ois Villon et quelques joyeux clercs de la basoche s&rsquo;amusent \u00c3\u00a0 d\u00c3\u00a9placer la pierre du Pet au Diable, ou encore \u00c3\u00a0 \u00ab\u00a0marier\u00a0\u00bb les enseignes des cabarets Parisiens, ils rejoignent \u00c3\u00a0 travers les si\u00c3\u00a8cles certaines bandes estudiantines qui brouillent les lettres des frontons des cin\u00c3\u00a9mas lausannois ou d\u00c3\u00a9placent les statues du Palais de Rumine pour en orner, et bloquer, l&rsquo;entr\u00c3\u00a9e de la v\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rable banque cantonale vaudoise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nC&rsquo;est au Moyen Age que nous relevons les premi\u00c3\u00a8res indications concernant les groupements d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants. Dans les universit\u00c3\u00a9s de Bologne et de Paris, les \u00c3\u00a9tudiants d&rsquo;un m\u00c3\u00aame pays, d&rsquo;une m\u00c3\u00aame province, se regroupent en \u00ab\u00a0nations\u00a0\u00bb. Ainsi l&rsquo;alma mater lut\u00c3\u00a9cienne se divise-t-elle en l&rsquo;honorable nation de France, la fid\u00c3\u00a8le nation de Picardie, la v\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rable nation de Normandie ou la constante nation de Germanie. Ces \u00ab\u00a0nations\u00a0\u00bb, organis\u00c3\u00a9es sur le mod\u00c3\u00a8le des corporations moyen\u00c3\u00a2geuses accueillent le nouveau venu, l&rsquo;entourent, l&rsquo;encadrent, guident ses premiers pas dans l&rsquo;univers inqui\u00c3\u00a9tant de cette m\u00c3\u00a9galopole de 250&rsquo;000 habitants qu&rsquo;est alors Paris. Pour \u00c3\u00aatre admis dans une \u00ab\u00a0nation\u00a0\u00bb, il faut passer certaines \u00c3\u00a9preuves d&rsquo;admission, anc\u00c3\u00aatres de nos charriages modernes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAu XVIe si\u00c3\u00a8cle apparaissent les premi\u00c3\u00a8res universit\u00c3\u00a9s r\u00c3\u00a9form\u00c3\u00a9es d&rsquo;Allemagne; des \u00c3\u00a9tudiants cr\u00c3\u00a9ent alors des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s, les Landmannschaften, calqu\u00c3\u00a9es sur le mod\u00c3\u00a8le des nations parisiennes. De nos jours, ce principe se retrouve dans la plupart des universit\u00c3\u00a9s am\u00c3\u00a9ricaines o\u00c3\u00b9 les \u00ab\u00a0fraternit\u00c3\u00a9s\u00a0\u00bb regroupaient au d\u00c3\u00a9but les \u00c3\u00a9tudiants issus d&rsquo;une m\u00c3\u00aame lointaine province.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nLes Landmannsehaften germaniques adopt\u00c3\u00a8rent aussi certains principes des corporations. Leurs membres se distinguaient par le port de couleurs qui \u00c3\u00a9taient au d\u00c3\u00a9but celles de leur ville d&rsquo;origine. Les soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a9taient r\u00c3\u00a9gies par un r\u00c3\u00a8glement et elles suivaient les principes d&rsquo;un \u00ab\u00a0Comment\u00a0\u00bb d&rsquo;origine fran\u00c3\u00a7aise. Ce dernier \u00c3\u00a9tait un code de l&rsquo;art de se bien comporter en soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9. L&rsquo;\u00c3\u00a9tudiant porte aussi l&rsquo;\u00c3\u00a9p\u00c3\u00a9e qui a remplac\u00c3\u00a9 la dague des clercs de la basoche. Cette arme am\u00c3\u00a8ne tout naturellement au duel. Les diverses universit\u00c3\u00a9s s&rsquo;efforceront d&rsquo;interdire le duel et l&rsquo;Acad\u00c3\u00a9mie de Lausanne l\u00c3\u00a9gif\u00c3\u00a9rera en la mati\u00c3\u00a8re en 1547, (dix ans apr\u00c3\u00a8s sa fondation) en interdisant le port des armes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEn 1654, la di\u00c3\u00a8te de Ratisbonne interdira les Landmannschaften qui poursuivront leurs activit\u00c3\u00a9s dans la clandestinit\u00c3\u00a9 pour repara\u00c3\u00aetre un si\u00c3\u00a8cle plus tard, apr\u00c3\u00a8s avoir adopt\u00c3\u00a9 certaines id\u00c3\u00a9es nouvelles issues de la franc-ma\u00c3\u00a7onnerie. A la m\u00c3\u00aame \u00c3\u00a9poque, 1775 envi-ron, apparurent d&rsquo;autres associations appel\u00c3\u00a9es \u00ab\u00a0ordres\u00a0\u00bb. Ces nouvelles venues ajout\u00c3\u00a8rent au port des couleurs la devise et le zirkel. Ces soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s furent les premi\u00c3\u00a8res \u00c3\u00a0 introduire la notion d&rsquo;appartenance \u00ab\u00a0\u00c3\u00a0 vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nOn assista bient\u00c3\u00b4t \u00c3\u00a0 diverses fusions entre les Principes des Landmannschaften et des Ordres, fusions qui aboutirent \u00c3\u00a0 la forme moderne des soci\u00c3\u00a9-t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants d&rsquo;Allemagne. Alors que les \u00ab\u00a0Ordres\u00a0\u00bb disparaissaient, les Landmannschaften prirent le nom de \u00ab\u00a0Corps\u00a0\u00bb, un terme lui aussi issu de la langue fran\u00c3\u00a7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<strong>LE MOUVEMENT ESTUDIANTIN EN SUISSE<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEn Suisse, les gouvernements de l&rsquo;ancien r\u00c3\u00a9gime \u00c3\u00a9taient assez r\u00c3\u00a9fractaires \u00c3\u00a0 l&rsquo;id\u00c3\u00a9e de soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants. A plus forte raison dans le can-ton de Vaud, LL.EE. de Berne ne voyaient-elles pas d&rsquo;un oeil favorable toute forme d&rsquo;asso-ciation, \u00c3\u00a0 l&rsquo;exception de quelques soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s de tir, les Abbayes, qui devaient former des hommes aptes \u00c3\u00a0 d\u00c3\u00a9fendre le territoire bernois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nIl faut attendre 1806 pour que cinq jeunes \u00c3\u00a9tudiants de l&rsquo;Academia Lausannensis se groupent pour fonder la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 de Belles-Lettres. Il faut dire qu&rsquo;\u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a9poque, on entrait \u00c3\u00a0 l&rsquo;acad\u00c3\u00a9mie \u00c3\u00a0 seize ans pour suivre les cours dans les auditoires de Belles-Lettres ou de Philosophie. Ce sont donc des jeunes gens qui aujourd&rsquo;hui seraient gymnasiens qui fondent la premi\u00c3\u00a8re soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 romande d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants et lui donnent le nom de leur auditoire. Les Bellettriens se r\u00c3\u00a9unissaient deux fois par semaine, dans un auditoire de l&rsquo;Acad\u00c3\u00a9mie mis \u00c3\u00a0 leur disposition, pour \u00c3\u00a9couter des travaux litt\u00c3\u00a9raires et en faire la critique. Les discussions \u00c3\u00a9taient empreintes de gravit\u00c3\u00a9 s\u00c3\u00a9rieuse, les intervenants s&rsquo;ap-pelaient \u00ab\u00a0Monsieur\u00a0\u00bb et s&rsquo;interdisaient le tutoiement. Cette rigueur durera jusqu&rsquo;en 1831, date \u00c3\u00a0 laquelle on abandonna le vouvoiement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nSi Belles-Lettres fut fond\u00c3\u00a9e par de jeunes \u00c3\u00a9tudiants qui avaient suivi de pr\u00c3\u00a8s les bouleversements conduisant \u00c3\u00a0 l&rsquo;Acte de m\u00c3\u00a9diation, ce furent d&rsquo;autres remous directement issus du Congr\u00c3\u00a8s de Vienne et du Pacte f\u00c3\u00a9d\u00c3\u00a9ral de 1815 qui amen\u00c3\u00a8rent une soixantaine d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants des Universit\u00c3\u00a9s de Berne et Zurich \u00c3\u00a0 se rencontrer en juillet 1819 \u00c3\u20ac l&rsquo;Auberge du Boeuf \u00c3\u00a0 Zofingue pour y fonder une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 lib\u00c3\u00a9rale \u00c3\u00a0 but patriotique. Les Zofingiens se donnaient pour objectif de se consacrer au service de la patrie et de r\u00c3\u00a9unir tous les \u00c3\u00a9tudiants de Suisse sous une m\u00c3\u00aame banni\u00c3\u00a8re. En 1820 d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0, des \u00c3\u00a9tudiants de Lausanne et de Lucerne demand\u00c3\u00a8rent \u00c3\u00a0 se joindre \u00c3\u00a0 la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 de Zofingue et c&rsquo;est \u00c3\u00a0 cette \u00c3\u00a9poque que fut fond\u00c3\u00a9e la section lausannnoise. Tout en se refusant \u00c3\u00a0 une action politique directe, les Zofingiens particip\u00c3\u00a8rent activement \u00c3\u00a0 tout le mouvement d&rsquo;id\u00c3\u00a9es qui conduis\u00c3\u00aet \u00c3\u00a0 la victoire lib\u00c3\u00a9rale de 1830.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAlors que Belles-Lettres recrutait ses membres uniquement dans les auditoires mentionn\u00c3\u00a9s plus haut, Zofingue s&rsquo;installa dans les facult\u00c3\u00a9s de droit et de th\u00c3\u00a9ologie. Ainsi tr\u00c3\u00a8s souvent les Bellettriens qui passaient au niveau sup\u00c3\u00a9rieur de l&rsquo;acad\u00c3\u00a9mie devenaient-ils Zofingiens tout en \u00c3\u00a9tant honoraires de Belles-Lettres. La r\u00c3\u00a9forme des \u00c3\u00a9tudes de 1837 renfor\u00c3\u00a7a cette tendance en rel\u00c3\u00a9guant Belles-Lettres au rang de soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 gymnasiale. Celle-ci fut pendant longtemps une \u00c3\u00a9tape pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a9dant l&rsquo;acc\u00c3\u00a8s \u00c3\u00a0 Zofingue ou plus tard \u00c3\u00a0 Helv\u00c3\u00a9tia et ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1862 que Belles-Lettres abandonnera ce r\u00c3\u00b4le de \u00ab\u00a0marchepied\u00a0\u00bb peur devenir soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 universitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nD&rsquo;autres bouleversements politiques s&rsquo;annon\u00c3\u00a7aient toutefois dans le ciel helv\u00c3\u00a9tique, qui allaient provoquer scissions et Eclatements au sein de Zofingue. En 1831, \u00c3\u00a0 B\u00c3\u00a2le, les Zofingiens prennent parti pour les conservateurs dans la lutte entre la ville et la campagne qui allait aboutir \u00c3\u00a0 la cr\u00c3\u00a9ation de deux demi-cantons; \u00c3\u00a0 la m\u00c3\u00aame \u00c3\u00a9poque les membres de la section neuch\u00c3\u00a2teloise soutinrent les tendances royalistes dans ce canton. Les Zofingiens de Lucerne, anticonservateurs, ne l&rsquo;entendirent pas de cette oreille et demand\u00c3\u00a8rent l&rsquo;exclusion des sections r\u00c3\u00a9actionnaires. Devant le refus de l&rsquo;assembl\u00c3\u00a9e g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rale, les Lucernois et quelques Zurichois se retrouv\u00c3\u00a8rent \u00c3\u00a0 Hitzkirch pour fonder une nouvelle soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, politiquement proche du mou-vement radical, et qui prit bient\u00c3\u00b4t le nom d&rsquo;Helv\u00c3\u00a9tia. Les d\u00c3\u00a9buts de la nouvelle soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 furent difficiles, les sections de Zurich et d&rsquo;Aarau disparu-rent en 1835 d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0, celle de Lucerne fut interdite en 1836, seule subsista la section de Berne. Bien que les Lausan-nois aient \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 favorables aux id\u00c3\u00a9es nouvelles, l&rsquo;objectif premier de Zofingue de r\u00c3\u00a9unir tous les \u00c3\u00a9tudiants suisses sous un m\u00c3\u00aame drapeau les emp\u00c3\u00aacha de se joindre aux rangs de la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 dissidente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nSi l&rsquo;aile gauche de Zofingue penchait vers les id\u00c3\u00a9es du radicalisme montant et fondait l&rsquo;Helvetia, l&rsquo;aile droite en revanche s&rsquo;\u00c3\u00a9loignait des lib\u00c3\u00a9raux zofingiens pour d\u00c3\u00a9fendre des id\u00c3\u00a9es conservatrices et fonder la Soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 des Etudiants Suisses (SES). Les premiers jalons de cette nouvelle association furent pos\u00c3\u00a9s en 1841 et elle va f\u00c3\u00aater cette ann\u00c3\u00a9e (1991) son cent cinquantenaire. Ce ne sera toutefois qu&rsquo;en 1843 qu&rsquo;elle sera \u00c3\u00a9tablie dans sa forme d\u00c3\u00a9finitive. Bien que la SES ait au d\u00c3\u00a9but cherch\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 gommer les aspects confessionnels de son programme pour attirer les conservateurs protestants, la mont\u00c3\u00a9e des tensions qui devaient aboutir au Sonderbund firent que cette soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 s&rsquo;implanta d&rsquo;abord dans les bastions du catholicisme qu&rsquo;\u00c3\u00a9taient Lucerne, Fribourg, Schwytz et Saint-Gall. Dans chaque universit\u00c3\u00a9, la section de la SES porte un nom diff\u00c3\u00a9rent; on trouve ainsi Sarinia \u00c3\u00a0 Fribourg, Sal\u00c3\u00a9via \u00c3\u00a0 Gen\u00c3\u00a8ve. A Lausanne, la section du SES prit le nom de \u00ab\u00a0Lemania\u00a0\u00bb et recruta ses membres essentiellement dans le milieux des \u00c3\u00a9tudiants catholiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAinsi, comme le relevait Charles Gilliard, les Zofingiens, prisonniers de leur volont\u00c3\u00a9 de non-engagement politique, \u00c3\u00a9taient d\u00c3\u00a9bord\u00c3\u00a9s sur leur gauche et sur leur droite par des mouvements plus dynamiques et politiquement plus typ\u00c3\u00a9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nSi la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 Helvetia semblait en pleine d\u00c3\u00a9confiture, la d\u00c3\u00a9sagr\u00c3\u00a9gation des sections zofingiennes se poursuivait En 1847 des Zofingiens acquis aux id\u00c3\u00a9es radicales quittent la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 et forment la \u00ab\u00a0Neu Zofingia\u00a0\u00bb. Une section vaudoise de la \u00ab\u00a0Nouvelle Soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 de Zofingue\u00a0\u00bb appara\u00c3\u00aet en 1848 \u00c3\u00a0 Lausanne, fond\u00c3\u00a9e par sept \u00c3\u00a9tu-diants dont quatre anciens Bellettriens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nD\u00c3\u00a8s 1849, la plupart des sections de la Nouvelle Zofingue prirent le nom d&rsquo;Helvetia, au grand dam des survivants bernois de la premi\u00c3\u00a8re vague que l&rsquo;on avait \u00c3\u00a0 peine consult\u00c3\u00a9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEn 1855 toutefois, les querelles de clocher se sont estomp\u00c3\u00a9es et on assiste \u00c3\u00a0 une fusion \u00c3\u00a9ph\u00c3\u00a9m\u00c3\u00a8re de Zofingue et d&rsquo;Helvetia. La section lausannoise d&rsquo;Helvetia s&rsquo;opposera \u00c3\u00a0 cette fusion et fera cavalier seul pendant quelques mois pour dispara\u00c3\u00aetre \u00c3\u00a0 fin 1855.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<strong>FONDATION DE STELLA<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nHelvetia Lausanne rena\u00c3\u00aetra de ses cendres le 10 d\u00c3\u00a9cembre 1857 cinq jours apr\u00c3\u00a8s que quelque vingt-cinq \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves de l&rsquo;Ecole sp\u00c3\u00a9ciale, dont deux an-ciens Belletriens et un ancien Zofingien, r\u00c3\u00a9unis \u00c3\u00a0 Ouchy, eurent d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a9 de fonder une nouvelle soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 laquelle ils donn\u00c3\u00a8rent le nom de Stella.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nUn \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nement historique politique avait provoqu\u00c3\u00a9 cette fondation. En 1856, dans la nuit du 2 au 3 septembre, des \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ments royalistes neuch\u00c3\u00a2telois avaient \u00c3\u00a0 nouveau tent\u00c3\u00a9 de s&#8217;emparer du pouvoir dans ce canton et de renverser le gouvernement r\u00c3\u00a9publicain \u00c3\u00a9tabli en 1848. L&rsquo;affaire \u00c3\u00a9choua et les meneurs furent incarc\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9s. Le roi de Prusse qui n&rsquo;avait pas renonc\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 ses pr\u00c3\u00a9tentions sur la principaut\u00c3\u00a9 de Neuch\u00c3\u00a2tel rompit ses relations diplomatiques avec la Suisse. On mobilisa des troupes sous les ordres de Guillaume-Henri Dufour et c&rsquo;est \u00c3\u00a0 cette occasion que Fr\u00c3\u00a9d\u00c3\u00a9ric Amiel composa le chant intitul\u00c3\u00a9 \u00ab\u00a0Roulez tambours!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nDes corps de volontaires se constitu\u00c3\u00a8rent dans tout le pays et les \u00c3\u00a9tudiants ne furent pas les derniers \u00c3\u00a0 s&rsquo;adonner aux exercices martiaux. A Lausanne, les Zofingiens avaient organis\u00c3\u00a9 une \u00ab\u00a0L\u00c3\u00a9gion acad\u00c3\u00a9mique\u00a0\u00bb qui accueillait tous les \u00c3\u00a9tudiants sans distinction d&rsquo;opinion ainsi que les gymnasiens et les \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves de l&rsquo;Ecole sp\u00c3\u00a9ciale auxquels on refusait l&rsquo;appellation d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nOn \u00c3\u00a9tait alors aux d\u00c3\u00a9buts du d\u00c3\u00a9veloppement des chemins de fer en Suisse, et la Suisse romande manquait cruellement des ing\u00c3\u00a9nieurs qui auraient pu ma\u00c3\u00aetriser ce probl\u00c3\u00a8me nouveau. C&rsquo;est la raison pour laquelle fut cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9e en 1848 une Ecole sp\u00c3\u00a9ciale destin\u00c3\u00a9e \u00c3\u00a0 former des ing\u00c3\u00a9nieurs en ponts et chauss\u00c3\u00a9es et en chemins de fer. Cette \u00c3\u00a9cole, que ceux qui la fr\u00c3\u00a9quentaient appelaient \u00ab\u00a0La Tech.\u00a0\u00bb, connut rapidement un succ\u00c3\u00a8s certain. Les \u00c3\u00a9tudiants-ing\u00c3\u00a9nieurs \u00c3\u00a9taient toutefois re-gard\u00c3\u00a9s avec d\u00c3\u00a9dain par ceux de l&rsquo;Acad\u00c3\u00a9mie et ne pouvaient entrer dans les soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nApr\u00c3\u00a8s que se furent calm\u00c3\u00a9s les \u00c3\u00a9lans h\u00c3\u00a9ro\u00c3\u00afques provoqu\u00c3\u00a9s par l&rsquo;affaire neuch\u00c3\u00a2teloise, la l\u00c3\u00a9gion acad\u00c3\u00a9mique fut dissoute. Toutefois les \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves de l&rsquo;Ecole sp\u00c3\u00a9ciale avaient pris l&rsquo;habitude de se retrouver en dehors des cours et d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a8rent de donner une suite durable \u00c3\u00a0 ces rencontres en fondant leur propre soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nOn pensa tout d&rsquo;abord baptiser la nouvelle soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00ab\u00a0Aventicum\u00a0\u00bb avec l&rsquo;intention d&rsquo;organiser chaque printemps une r\u00c3\u00a9union dans cette ville helv\u00c3\u00a8te, \u00c3\u00a0 l&rsquo;instar des Zofingiens qui se r\u00c3\u00a9unissaient chaque ann\u00c3\u00a9e \u00c3\u00a0 Zofingue. On abandonna bient\u00c3\u00b4t cette id\u00c3\u00a9e pour le nom de \u00ab\u00a0Stella\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nCons\u00c3\u00a9quence de l&rsquo;ostracisme des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s acad\u00c3\u00a9miques, Stella, en adoptant un patronyme latin affirmait son d\u00c3\u00a9sir d&rsquo;\u00c3\u00aatre ouverte aux \u00c3\u00a9tudiants de toutes les facult\u00c3\u00a9s et, se refusant \u00c3\u00a0 privil\u00c3\u00a9gier les disciplines techniques, elle annon\u00c3\u00a7ait clairement ses objectifs litt\u00c3\u00a9raires et culturels. Ce sont toutefois les ing\u00c3\u00a9nieurs qui formeront le plus clair de ses troupes pendant les premi\u00c3\u00a8res ann\u00c3\u00a9es de son activit\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nA la diff\u00c3\u00a9rence des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s universitaires plus anciennes, Stella admit d\u00c3\u00a8s ses d\u00c3\u00a9buts les \u00c3\u00a9tudiants d&rsquo;origine \u00c3\u00a9trang\u00c3\u00a8re et le livre d&rsquo;or des premi\u00c3\u00a8res ann\u00c3\u00a9es mentionne d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 des patronymes aux consonances \u00c3\u00a9trang\u00c3\u00a8res: Hansen (1857), Davidson et Blackburn (1863), Aruda (1864) ou Sczeniowski en 1870. Ces parti-pris d&rsquo;ouverture se confirmeront tout au long de l&rsquo;histoire stellienne. Aux heures sombres o\u00c3\u00b9 la Suisse n&rsquo;\u00c3\u00a9chappait pas \u00c3\u00a0 l&rsquo;antis\u00c3\u00a9mitisme, Stella resta une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a9cart des conflits raciaux. Aujourd&rsquo;hui, Stella est la premi\u00c3\u00a8re soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 admettre les candidatures f\u00c3\u00a9minines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nComme nous l&rsquo;avons mentionn\u00c3\u00a9 plus haut, la section vaudoise d&rsquo;Helv\u00c3\u00a9tia fut reconstitu\u00c3\u00a9e la m\u00c3\u00aame ann\u00c3\u00a9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEn 1863, soit 6 ans apr\u00c3\u00a8s la fondation de Stella vaudoise, le 17 avril, trois \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves du gymnase de Gen\u00c3\u00a8ve d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a8rent de fonder une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, occasion de r\u00c3\u00a9unions amicales au cours desquelles des sujets litt\u00c3\u00a9raires, scientifiques ou artistiques seraient abord\u00c3\u00a9s. Ils choisirent les couleurs bleu jaune et rouge, la devise \u00ab\u00a0Ex Labore Gaudia\u00a0\u00bb et baptis\u00c3\u00a8rent leur association \u00ab\u00a0Stella\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nLes activit\u00c3\u00a9s de la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 furent essentiellement litt\u00c3\u00a9raires et th\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2trales et la premi\u00c3\u00a8re soir\u00c3\u00a9e eut lieu en mars 1864 d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 avec au programme deux sc\u00c3\u00a8nes de \u00ab\u00a0L&rsquo;Avare\u00a0\u00bb, un air de Bach et des pi\u00c3\u00a8ces de vaudeville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAu mois de d\u00c3\u00a9cembre 1867, deux \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves de premi\u00c3\u00a8re latine du gymnase de Neuch\u00c3\u00a2tel d\u00c3\u00a9cident de fonder une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 d&rsquo;amis, sur le mod\u00c3\u00a8le de Belle-Lettres et de Zofingue, qu&rsquo;ils baptis\u00c3\u00a8rent \u00ab\u00a0La Critique Litt\u00c3\u00a9raire\u00a0\u00bb. Les deux fondateurs souhait\u00c3\u00a8rent bient\u00c3\u00b4t nouer des liens avec Stella ge-nevoise dont les buts \u00c3\u00a9taient identiques aux leurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nApr\u00c3\u00a8s diverses tractations, une assembl\u00c3\u00a9e eut lieu le 4 octobre 1870 \u00c3\u00a0 Cossonay. Il y fut d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a9 la fusion des deux soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s avec la cr\u00c3\u00a9ation de \u00ab\u00a0Stella Helvetica\u00a0\u00bb, organisme fa\u00c3\u00aetier. Les deux soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s adopt\u00c3\u00a8rent une devise unique \u00ab\u00a0Labor omnia vincit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nDes sections de Stella Helvetica apparurent ensuite aux universit\u00c3\u00a9s de Zurich en 1875 et de Berne en 1895.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p>Pendant cette p\u00c3\u00a9riode, Stella vaudoise continuait son bonhomme de chemin en toute ind\u00c3\u00a9pendance. En 1872 d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0, les Genevois et les Neuch\u00c3\u00a2telois propos\u00c3\u00a8rent aux Stelliens vaudois de se joindre \u00c3\u00a0 eux: cette offre fut d\u00c3\u00a9clin\u00c3\u00a9e. Un refus identique fut oppos\u00c3\u00a9 en 1874, 1876,1880 et 1881. Ce refus \u00c3\u00a9tait motiv\u00c3\u00a9 par le d\u00c3\u00a9sir des Vaudois de rester une so-ci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 technicienne. Il faut dire que, face au d\u00c3\u00a9sint\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat marqu\u00c3\u00a9 par les \u00c3\u00a9tudiants de l&rsquo;Acad\u00c3\u00a9mie, Stella vaudoise s&rsquo;\u00c3\u00a9tait referm\u00c3\u00a9e dans sa coquille technicienne. Heureusement, gr\u00c3\u00a2ce aux efforts du pr\u00c3\u00a9sident de Stella Gen\u00c3\u00a8ve, les Vaudois se laiss\u00c3\u00a8rent fl\u00c3\u00a9chir. En 1895, Stella Helvetica atteint sa for-me d\u00c3\u00a9finitive: cinq sections, r\u00c3\u00a9parties dans cinq universit\u00c3\u00a9s. Quatre d&rsquo;entre elles adopt\u00c3\u00a8rent la devise \u00ab\u00a0Labor omnia vincit\u00a0\u00bb tandis que les Vaudois restaient fid\u00c3\u00a8les \u00c3\u00a0 leur premier mot d&rsquo;ordre: \u00ab\u00a0Amiti\u00c3\u00a9 &#8211; Travail\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nA Berne et Zurich, Stella est form\u00c3\u00a9e d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants romands et la langue est le fran\u00c3\u00a7ais. Toute cette seconde moiti\u00c3\u00a9 du XIXe si\u00c3\u00a8cle est marqu\u00c3\u00a9e par un foisonnement de soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s nouvelles. Certaines furent \u00c3\u00a9ph\u00c3\u00a9m\u00c3\u00a8res et fusionn\u00c3\u00a8rent avec d&rsquo;autres associations ou disparurent, d&rsquo;autres perdur\u00c3\u00a8rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAu d\u00c3\u00a9but de ce si\u00c3\u00a8cle, le grand mouvement de cr\u00c3\u00a9ation des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants \u00c3\u00a9tait peu ou prou termin\u00c3\u00a9. On rel\u00c3\u00a8vera encore qu&rsquo;en 1915 une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 est fond\u00c3\u00a9e par des \u00c3\u00a9tudiants en th\u00c3\u00a9ologie et prend le nom de Valdesia. Associ\u00c3\u00a9e au groupement de soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s suisses connu sous le nom de \u00ab\u00a0Falkensteinerbund\u00a0\u00bb, elle acceptera par la suite des membres issus de toutes les facult\u00c3\u00a9s. En 1918, les \u00c3\u00a9tudiants tessinois de l&rsquo;Universit\u00c3\u00a9 de Lausanne fond\u00c3\u00a8rent une \u00ab\u00a0Brigata Goliardica\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nNous n&rsquo;\u00c3\u00a9voquerons pas ici les soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants \u00c3\u00a9trangers, sinon pour pr\u00c3\u00a9ciser que \u00ab\u00a0Minerva\u00a0\u00bb (Gr\u00c3\u00a8ce) et Germania (Allemagne) \u00c3\u00a9taient les deux plus importantes soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s repr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9es \u00c3\u00a0 Lausanne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nTout au long de la premi\u00c3\u00a8re moiti\u00c3\u00a9 de ce si\u00c3\u00a8cle, les soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants prosp\u00c3\u00a8rent et \u00c3\u00a9voluent. Pour les plus importantes d&rsquo;entre elles, les travaux litt\u00c3\u00a9raires se cristallisent peu \u00c3\u00a0 peu en une th\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2tale. Cette Soir\u00c3\u00a9e annuelle pr\u00c3\u00a9sente en g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ral un prologue, critique en chansons des grands du moment et des \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nements politiques de l&rsquo;heure. Il est suivi d&rsquo;une \u00ab\u00a0pi\u00c3\u00a8ce\u00a0\u00bb de th\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nL&rsquo;art du chant, encourag\u00c3\u00a9 au si\u00c3\u00a8cle pass\u00c3\u00a9 par l&rsquo;\u00c3\u00a9dition de chansonniers o\u00c3\u00b9 sont regroup\u00c3\u00a9s des airs romands populaires et des chansons propres aux soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s, \u00c3\u00a9volue et ajoute \u00c3\u00a0 ces airs \u00ab\u00a0s\u00c3\u00a9rieux\u00a0\u00bb tout un floril\u00c3\u00a8ge de chansons de salles de garde, recueillies dans divers chansonniers \u00c3\u00a9dites sous le manteau et dont les exemples les plus caract\u00c3\u00a9ristiques sont \u00ab\u00a0L&rsquo;Antiphonaire Belletrien\u00a0\u00bb (1957) et le \u00ab\u00a0Lutrin d&rsquo;amour\u00a0\u00bb de Stella.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nLes remous de Mai 1968 allaient porter atteinte aux soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants. \u00ab\u00a0Toutes ne mouraient pas, mais toutes \u00c3\u00a9taient frapp\u00c3\u00a9es\u00a0\u00bb; elles apparaissaient aux yeux des nouveaux universitaires comme le symbole d&rsquo;une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 bourgeoise \u00c3\u00a9litaire de la fin du si\u00c3\u00a8cle pass\u00c3\u00a9. Alors que les groupements aux effectifs nombreux, comme Helvetia ou Zofingue voyaient diminuer le nombre de leurs membres, Stella vit dispara\u00c3\u00aetre certaines de ses sections. La transformation de l&rsquo;ancienne EPUL en \u00c3\u00a9cole polytechnique f\u00c3\u00a9d\u00c3\u00a9rale fera que les \u00c3\u00a9tudiants romands abandonneront le Poly pour Lausanne. Actuellement seuls les ing\u00c3\u00a9nieurs agronomes romands sont encore form\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 Zurich. Cette mutation alt\u00c3\u00a9ra la base de recrutement de Stella Zurich bien avant 1968. En ce qui concerne Stella Berne, si les v\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9rinaires romands sont encore form\u00c3\u00a9s outre Sarine, la plupart des Jurassiens, qui poursuivaient autrefois leurs \u00c3\u00a9tudes sur les bords de l&rsquo;Aar, pr\u00c3\u00a9f\u00c3\u00a8rent aujourd&rsquo;hui l&rsquo;ambiance d&rsquo;une universit\u00c3\u00a9 romande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nD\u00c3\u00a8s les ann\u00c3\u00a9es quatre-vingt toutefois, on remarque un regain d&rsquo;int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat pour les soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants. Le mouvement est tout d&rsquo;abord amorc\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 Zofingue et Helvetia. Stella Gen\u00c3\u00a8ve voit ses effectifs augmenter et Stella Lausanne suit le mouvement. Belles-Lettres rena\u00c3\u00aet et le Turnus des \u00c3\u00a9tudiants portant couleurs de nos Universit\u00c3\u00a9s est \u00c3\u00a0 nouveau actif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nPourquoi devient-on membre d&rsquo;un soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9? Dans le livre d&rsquo;or de Belles-Lettres de 1956 on trouve la formule suivante:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\u00ab\u00a0On entre \u00c3\u00a0 Zofingue parce qu&rsquo;on a des amis ou des parents zofingiens, \u00c3\u00a0 Helvetia parce qu&rsquo;on est radical, ou sur le point de l&rsquo;\u00c3\u00aatre, \u00c3\u00a0 L\u00c3\u00a9mania parce qu&rsquo;on est catholique \u00c3\u00a0 Vald\u00c3\u00a9sia parce qu&rsquo;on aime l&rsquo;arm\u00c3\u00a9e; on entre \u00c3\u00a0 Belles-Lettres parce que c&rsquo;est Belles-Lettres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nComme la plupart des formules, celle-ci est approximative et tend surtout \u00c3\u00a0 souligner l&rsquo;originalit\u00c3\u00a9 de Belles-Lettres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nComme l&rsquo;a dit le pr\u00c3\u00a9sident de Stella Valdensis dans son \u00c3\u00a9ditorial, on peut entrer dans une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 par tradition familiale. Le contraire est aussi vrai et on verra des r\u00c3\u00a9actions de caract\u00c3\u00a8re oedipien amener un \u00c3\u00a9tudiant \u00c3\u00a0 choisir une autre soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 que celle de son p\u00c3\u00a8re ou \u00c3\u00a0 rejeter toute id\u00c3\u00a9e de soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9tudiante. Un autre cas de figure est celui d&rsquo;un groupe de gymnasiens qui a v\u00c3\u00a9cu avec enthousiasme les ann\u00c3\u00a9es o\u00c3\u00b9 l&rsquo;on jette sa gourme et au cours desquelles s&rsquo;est cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9 un important esprit de classe. Si l&rsquo;un d&rsquo;entre eux d\u00c3\u00a9cide d&rsquo;entrer dans une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, il est fr\u00c3\u00a9quent qu&rsquo;il y entra\u00c3\u00aene tout ou partie de ses amis de gymnase. Une troisi\u00c3\u00a8me raison est l&rsquo;influence d&rsquo;un ou de plusieurs camarades qui poussent un ami \u00c3\u00a0 se joindre \u00c3\u00a0 eux. On a vu aussi des \u00c3\u00a9tudiants adh\u00c3\u00a9rer \u00c3\u00a0 une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 comme on entre dans un club-service, afin de se cr\u00c3\u00a9er un r\u00c3\u00a9seau de relations qui pourraient leur servir plus tard, quand ce n&rsquo;\u00c3\u00a9tait pas dans le but plus imm\u00c3\u00a9diat d&rsquo;\u00c3\u00aatre membre d&rsquo;une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 laquelle appartenait aussi tel professeur, voire le pr\u00c3\u00a9sident de l&rsquo;EPFL&#8230;!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p>Mais, quelle que soit la motivation profonde, voire l&rsquo;absence de motif conscient, il nous semble qu&rsquo;on entre en soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 sur un \u00ab\u00a0coup de chance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEt ensuite&#8230; \u00c3\u00aatre admis ne signifie pas que l&rsquo;on s&rsquo;y plaira et d&rsquo;aucuns, qui ont subi avec succ\u00c3\u00a8s une br\u00c3\u00a8ve p\u00c3\u00a9riode de candidature, disparaissent apr\u00c3\u00a8s quelques semaines ou quelques semestres, replongeant dans le \u00ab\u00a0Philisterland\u00a0\u00bb comme dit une vieille chanson estudiantine allemande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<strong>MAIS QU&rsquo;EST CE QU&rsquo;UNE SOCIETE D&rsquo;ETUDIANTS?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n\u00ab\u00a0Et qu&rsquo;irai-je faire dans cette gal\u00c3\u00a8re\u00a0\u00bb? se dit \u00c3\u00a0 juste titre la jeune bacheli\u00c3\u00a8re ou le fringant bachelier jet\u00c3\u00a9 dans l&rsquo;anonymat de son premier auditoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nAutrefois, on pr\u00c3\u00a9sentait Stella au nouvel admis en usant du clich\u00c3\u00a9 de \u00ab\u00a0L&rsquo;Auberge Espagnole\u00a0\u00bb, ces auberges des Pyr\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9es o\u00c3\u00b9 le voyageur trouvait un toit certes, mais ne pouvait compter pour toute pitance que sur ce qu&rsquo;il apportait dans ses bagages. L&rsquo;image n&rsquo;est pas fausse. Au contraire de nos communaut\u00c3\u00a9s modernes o\u00c3\u00b9 l&rsquo;on attend parfois de l&rsquo;Etat ou des autres qu&rsquo;ils nous assurent le confort, la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 universitaire est et reste un lieu d&rsquo;\u00c3\u00a9changes o\u00c3\u00b9 l&rsquo;on engrange en fonction de ce que l&rsquo;on apporte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEt c&rsquo;est peut-\u00c3\u00aatre dans ce terme d&rsquo;\u00c3\u00a9change qu&rsquo;il faut chercher l&rsquo;int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat principal que repr\u00c3\u00a9sente, aujourd&rsquo;hui encore plus que par le pass\u00c3\u00a9, l&rsquo;adh\u00c3\u00a9sion \u00c3\u00a0 une soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nParadoxalement, dans le morne d\u00c3\u00a9sert de b\u00c3\u00a9ton de Dorigny, l&rsquo;EPFL est plus \u00c3\u00a9loign\u00c3\u00a9e des BFSH que l&rsquo;EPUL de l&rsquo;avenue de Cour ne l&rsquo;\u00c3\u00a9tait des facult\u00c3\u00a9s de la Cit\u00c3\u00a9. Il n&rsquo;est pas pr\u00c3\u00a9somptueux de dire que la soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants est le dernier endroit o\u00c3\u00b9 se retrouve l&rsquo;universit\u00c3\u00a9 au sens premier et universel du terme. Nous l&rsquo;avons d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 soulign\u00c3\u00a9, les soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s regroupent des \u00c3\u00a9tudiants issus de toutes les facult\u00c3\u00a9s et \u00c3\u00a9coles. A ce titre, elles permettent au n\u00c3\u00a9ophyte de rencontrer des camarades d&rsquo;autres horizons, de confronter la vision du juriste avec celle du futur ing\u00c3\u00a9nieur, de m\u00c3\u00aaler en des discussions, souvent passionn\u00c3\u00a9es, l&rsquo;esprit de g\u00c3\u00a9om\u00c3\u00a9trie \u00c3\u00a0 l&rsquo;esprit de finesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nDe nos jours, o\u00c3\u00b9 l&rsquo;information est t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9visuelle ou informatis\u00c3\u00a9e, o\u00c3\u00b9 la dispute moyen\u00c3\u00a2geuse a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 remplac\u00c3\u00a9e par l&rsquo;apprentissage individuel face \u00c3\u00a0 un \u00c3\u00a9cran cathodique, c&rsquo;est dans nos soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants que l&rsquo;on peut encore assister au choc des id\u00c3\u00a9es d&rsquo;o\u00c3\u00b9 na\u00c3\u00aetra une vision plus large, plus universelle, en un mot une vision universitaire des \u00c3\u00a9tudes modernes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nA cette dimension de l&rsquo;\u00c3\u00a9change il faut ajouter celle de l&rsquo;amiti\u00c3\u00a9. Certes, l&rsquo;amiti\u00c3\u00a9 se d\u00c3\u00a9veloppe aussi en dehors des associations d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants et l&rsquo;histoire des \u00ab\u00a0Copains\u00a0\u00bb de Jules Romain retrace l&rsquo;amiti\u00c3\u00a9 d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants qui ne portaient pas couleurs, m\u00c3\u00aame si l&rsquo;auteur a d\u00c3\u00a9di\u00c3\u00a9 son ouvrage aux Bellettriens. Il n&rsquo;en demeure pas moins que la subtile alchimie qui fait na\u00c3\u00aetre l&rsquo;amiti\u00c3\u00a9, et pr\u00c3\u00a9side \u00c3\u00a0 la cr\u00c3\u00a9ation de liens qui durent souvent toute la vie, trouve un terreau particuli\u00c3\u00a8rement favorable au sein des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants. Quand on a partag\u00c3\u00a9 avec d&rsquo;autres, non seulement l&rsquo;angoisse qui pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a8de les examens, mais encore le trac du moment d&rsquo;entrer en sc\u00c3\u00a8ne au soir d&rsquo;une th\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2trale, les fastes d&rsquo;une f\u00c3\u00aate centrale de Stella Helvetica, de Zofingue ou d&rsquo;Helvetia, les joies d&rsquo;un bummel ou d&rsquo;un extra-muros; quand on a partag\u00c3\u00a9 non seulement les heures fastidieuses pass\u00c3\u00a9es dans ces usines \u00c3\u00a0 apprendre que sont devenus les campus, mais encore les loisirs n\u00c3\u00a9cessaires \u00c3\u00a0 toutes \u00c3\u00a9tudes, on voit se cr\u00c3\u00a9er peu \u00c3\u00a0 peu ces souvenirs qui sont le catalyseur de l&rsquo;amiti\u00c3\u00a9 v\u00c3\u00a9ritable, ces fils t\u00c3\u00a9nus qui, comme les fils des Lilliputiens entravaient Gulliver, tissent entre les \u00c3\u00aatres ces liens p\u00c3\u00a9rennes qui sont l&rsquo;Amiti\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\nEn un mot comme en cent, devenir Stellien (ou \u00c3\u00aatre admis dans une autre soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9) c&rsquo;est prendre le risque, ou tenter la chance, de s&rsquo;engager dans une activit\u00c3\u00a9 parall\u00c3\u00a8le aux \u00c3\u00a9tudes qui va, dans la plupart des cas, d\u00c3\u00a9border largement les ann\u00c3\u00a9es pass\u00c3\u00a9es \u00c3\u00a0 la facult\u00c3\u00a9 ou \u00c3\u00a0 l&rsquo;\u00c3\u00a9cole polytechnique et marquer toute l&rsquo;existence qui en d\u00c3\u00a9coule.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HISTOIRE DES SOCIETES D&rsquo;ETUDIANTS SUISSES L&rsquo;histoire des soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9s d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants plonge ses racines dans les premi\u00c3\u00a8res universit\u00c3\u00a9s europ\u00c3\u00a9ennes. 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