{"id":154,"date":"2011-02-03T08:46:29","date_gmt":"2011-02-03T08:46:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.philon.be\/?page_id=154"},"modified":"2011-02-03T08:46:29","modified_gmt":"2011-02-03T08:46:29","slug":"gaudeamus-igitur-explication-de-texte-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.philon.be\/?page_id=154","title":{"rendered":"Gaudeamus Igitur : explication de texte"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Gaudeamus Igitur\u00c2\u00a0: explication de texte<\/span><\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p>Par Julien  Vandenbosch (CBB) et Sam Moinil (CBB)<\/p>\n<p>De la bri\u00c3\u00a8vet\u00c3\u00a9 de la vie, Gaudeamus Igitur, le Gaudeamus, voire encore \u00c2\u00ab le truc en latin qu\u00e2\u20ac\u2122on chante au d\u00c3\u00a9but du cantus, l\u00c3\u00a0\u00e2\u20ac\u00a6 \u00c2\u00bb.<\/p>\n<p>Autant de noms pour un chant omnipr\u00c3\u00a9sent, que toute personne ayant approch\u00c3\u00a9 le folklore \u00c3\u00a9tudiant belge a au moins entendu une fois dans sa vie.<\/p>\n<p>Uniquement en Belgique ? Loin de l\u00c3\u00a0 ! En effet, ce chant est \u00c3\u00a0 notre \u00c3\u00a9poque entonn\u00c3\u00a9 sur tous les continents, et est consid\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9 comme l\u00e2\u20ac\u2122hymne officiel de nombreuses universit\u00c3\u00a9s de la Su\u00c3\u00a8de \u00c3\u00a0 la Nouvelle-Z\u00c3\u00a9lande, faisant de celui-ci LE chant \u00c3\u00a9tudiant par excellence. Assez curieusement, la France et une bonne partie de la Wallonie semblent l\u00e2\u20ac\u2122ignorer.<\/p>\n<p><strong>Historique <\/strong><\/p>\n<p>Si l\u00e2\u20ac\u2122origine du Gaudeamus est clairement allemande, certaines corr\u00c3\u00a9lations avec d\u00e2\u20ac\u2122autres chants, tel le Concinamus qui est lui d\u00e2\u20ac\u2122origine anglaise, tendent \u00c3\u00a0 montrer que ce chant s\u00e2\u20ac\u2122est internationalis\u00c3\u00a9 de bonne heure, ce qui provoquera de nombreuses variantes et modifications dont je vous parlerai plus loin.<\/p>\n<p>Pour remonter \u00c3\u00a0 la source, si on analyse la structure des vers du Gaudeamus, on s\u00e2\u20ac\u2122aper\u00c3\u00a7oit que ce chant poss\u00c3\u00a8de des caract\u00c3\u00a9ristiques typiquement m\u00c3\u00a9di\u00c3\u00a9vales et goliardiques, le rapprochant d\u00e2\u20ac\u2122une \u00c5\u201cuvre telle que la Confession de l\u00e2\u20ac\u2122Archipo\u00c3\u00a8te, qui remonte elle \u00c3\u00a0 1161 !<\/p>\n<p>Quant au Gaudeamus en soi, on retrouve d\u00c3\u00a8s 1267 les strophes 2 et 3 (cf. note 1\u00c2\u00b0), sur une m\u00c3\u00a9lodie inspir\u00c3\u00a9e d\u00e2\u20ac\u2122un hymne m\u00c3\u00a9di\u00c3\u00a9val \u00c3\u00a9crit par Strada, \u00c3\u00a9v\u00c3\u00aaque de Bologne.<\/p>\n<p>En 1717, on aurait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 chant\u00c3\u00a9 les strophes 1, 2 et 3, et ce sur l\u00e2\u20ac\u2122air actuel, comme le montrerait une traduction allemande mise en musique par Johann Christian G\u00c3\u00bcnther. Cette traduction commence par \u00c2\u00ab Br\u00c3\u00bcder, la\u00c3\u0178t uns lustig sein \u00c2\u00bb, qui signifie essentiellement la m\u00c3\u00aame chose que \u00c2\u00ab Gaudeamus Igitur \u00c2\u00bb pour les moins germanophones d\u00e2\u20ac\u2122entre nous. Ceci dit, le couplage de l\u00e2\u20ac\u2122air au texte n\u00e2\u20ac\u2122est attest\u00c3\u00a9 qu\u00e2\u20ac\u2122en 1738, mais tout porte \u00c3\u00a0 croire qu\u00e2\u20ac\u2122il est en r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 ant\u00c3\u00a9rieur \u00c3\u00a0 cette date.<\/p>\n<p>Outre le manuscrit de 1267, la plus ancienne version latine \u00c3\u00a9crite connue se trouve dans un chansonnier \u00c3\u00a9tudiant qui aurait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9crit entre 1723 et 1750. N\u00c3\u00a9anmoins cette version diff\u00c3\u00a8re encore grandement de celle que nous connaissons.<\/p>\n<p>La premi\u00c3\u00a8re apparition de la version moderne du texte latin se retrouverait dans le \u00c2\u00ab Studentenlieder \u00c2\u00bb (\u00c2\u00ab Chansons d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tudiants \u00c2\u00bb) \u00c3\u00a9crit par Chr\u00c3\u00a9tien Wilhelm Kindleben et \u00c3\u00a9dit\u00c3\u00a9 en 1781. N\u00c3\u00a9anmoins, le document original reste introuvable, et on n\u00e2\u20ac\u2122en conna\u00c3\u00aet qu\u00e2\u20ac\u2122une r\u00c3\u00a9impression datant de 1894.<\/p>\n<p>Le premier document imprim\u00c3\u00a9 connu de la m\u00c3\u00a9lodie actuelle est dans \u00c2\u00ab Lieder f\u00c3\u00bcr Freude der Geselligen Freunde \u00c2\u00bb \u00c3\u00a9dit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 en 1788 et il est probable que la premi\u00c3\u00a8re publication conjointe de la m\u00c3\u00a9lodie et du texte en latin remonte \u00c3\u00a0 l&rsquo;op\u00c3\u00a9ra \u00c2\u00ab Doktor Faust \u00c2\u00bb pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9 en 1797 \u00c3\u00a0 Br\u00c3\u00aame.<\/p>\n<p>La cons\u00c3\u00a9cration viendra en 1880 lors de l\u00e2\u20ac\u2122 \u00c2\u00ab Akademische Festouvert\u00c3\u00bcre \u00c2\u00bb de l\u00e2\u20ac\u2122universit\u00c3\u00a9 de Breslau, que Johannes Brahms cl\u00c3\u00b4ture par un triomphal Gaudeamus. Depuis, ce chant a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 repris de nombreuses fois de par le monde, que ce soit dans des op\u00c3\u00a9ras ou m\u00c3\u00aame dans des films.<\/p>\n<p>Il est amusant de conclure cet historique en signalant que certaines sources pr\u00c3\u00a9tendent que le Gaudeamus Igitur a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 compos\u00c3\u00a9 en Finlande en 1582. Une source italienne en attribue elle l&rsquo;origine \u00c3\u00a0 un texte allemand du 16\u00c3\u00a8me si\u00c3\u00a8cle \u00c3\u00a9crit \u00c3\u00a0 l&rsquo;occasion du mariage de Luther, qui serait lui-m\u00c3\u00aame une paraphrase d&rsquo;un texte italien du 5\u00c3\u00a8me si\u00c3\u00a8cle.<\/p>\n<p><strong>Traduction, analyse et variantes <\/strong><\/p>\n<p>Etant donn\u00c3\u00a9 son \u00c3\u00a2ge v\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rable, il est \u00c3\u00a9vident que le texte du Gaudeamus a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 maint et mainte fois remani\u00c3\u00a9 et adapt\u00c3\u00a9 et conna\u00c3\u00aet \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122heure actuelle de nombreuses variantes.<\/p>\n<p>Certaines de ces variations, comme nous le verrons, sont minimes et sans impact r\u00c3\u00a9el sur le message g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ral, d\u00e2\u20ac\u2122autres par contre sont de mani\u00c3\u00a8re plus \u00c3\u00a9vidente des erreurs d\u00e2\u20ac\u2122interpr\u00c3\u00a9tation, voire carr\u00c3\u00a9ment apocryphes.<\/p>\n<p>Voici donc les strophes avec leur traduction la plus exacte possible :<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>1\u00c3\u00a8re strophe :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Gaudeamus, igitur, juvenes dum sumus (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Post jucundam juventutem<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Post molestam senectutem<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Nos habebit humus. (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>R\u00c3\u00a9jouissons-nous, tant que nous sommes jeunes<\/p>\n<p>Apr\u00c3\u00a8s une jeunesse agr\u00c3\u00a9able<\/p>\n<p>Apr\u00c3\u00a8s une vieillesse p\u00c3\u00a9nible<\/p>\n<p>La terre nous aura. (bis)<\/p>\n<p>La premi\u00c3\u00a8re strophe, qui n\u00e2\u20ac\u2122est pas la plus ancienne comme nous l\u00e2\u20ac\u2122avons vu, entame de fa\u00c3\u00a7on tr\u00c3\u00a8s cynique le chant par ce constat implacable : Il s\u00e2\u20ac\u2122agit de profiter de la vie tant qu\u00e2\u20ac\u2122on en est capable, la situation d\u00e2\u20ac\u2122un \u00c3\u00aatre humain ne faisant que s\u00e2\u20ac\u2122aggraver jusqu\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a0 son d\u00c3\u00a9nouement in\u00c3\u00a9vitable. Si la lecture de cette strophe semble fort terre-\u00c3\u00a0-terre de prime abord, on peut y voir de fa\u00c3\u00a7on sous-jacente un autre message qui a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 de nombreuses fois confirm\u00c3\u00a9 lors de banquets d\u00e2\u20ac\u2122anciens \u00c3\u00a9tudiants : Tant que nous sommes vivants, gardons un esprit jeune et profitons de la vie.<\/p>\n<p>Les strophes 2 et 3 sont souvent interchang\u00c3\u00a9es, mais comme nous le verrons, cela n\u00e2\u20ac\u2122affecte pas trop le sens ni la chronologie du chant.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Strophe 2 :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Ubi sunt qui antes nos in mundo fuere ? <\/em><\/strong><strong><em>(bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vadite ad superos,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Transite ad inferos,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Ubi jam fuere. (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>O\u00c3\u00b9 sont ceux qui furent de ce monde avant nous ?<\/p>\n<p>Allez jusqu\u00e2\u20ac\u2122au ciel,<\/p>\n<p>Traversez l\u00e2\u20ac\u2122enfer,<\/p>\n<p>O\u00c3\u00b9 ils ont d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p>La deuxi\u00c3\u00a8me strophe pose une interrogation qui suit relativement logiquement l\u00e2\u20ac\u2122affirmation de la premi\u00c3\u00a8re, \u00c3\u00a0 savoir \u00c2\u00ab Que sont devenus nos pr\u00c3\u00a9d\u00c3\u00a9cesseurs ? \u00c2\u00bb. Ici, la r\u00c3\u00a9ponse est plus cryptique mais semble signifier qu\u00e2\u20ac\u2122ils ont fait le bien comme le mal, et qu\u00e2\u20ac\u2122il y a une le\u00c3\u00a7on \u00c3\u00a0 tirer de tout, que ce soit des bienfaits ou des erreurs pass\u00c3\u00a9es.<\/p>\n<p>On remarquera que cette strophe varie fr\u00c3\u00a9quemment quant \u00c3\u00a0 son vers final. Aux Pays-Bas et en Allemagne, il est en effet remplac\u00c3\u00a9 par \u00c2\u00ab Quos si vis videre \u00c2\u00bb et \u00c2\u00ab Hos si vis videre \u00c2\u00bb respectivement, ce qui signifie \u00c2\u00ab Si vous d\u00c3\u00a9sirez les voir \u00c2\u00bb, ce qui ne change pas r\u00c3\u00a9ellement le sens de la strophe. D\u00c3\u00a9tail amusant, le dernier vers tel que nous le chantons (Ubi jam fuere) se pr\u00c3\u00a9sente toujours comme une affirmation, sauf dans deux cas, le Carpe Diem.<\/p>\n<p><strong>Strophe 3 :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vita nostra brevis est, brevi finietur, (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Venit mors velociter,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Rapit nos atrociter.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Nemini parcetur. (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Notre vie est br\u00c3\u00a8ve, elle finira bient\u00c3\u00b4t<\/p>\n<p>La mort vient rapidement,<\/p>\n<p>Nous emporte atrocement.<\/p>\n<p>En n&rsquo;\u00c3\u00a9pargnant personne.<\/p>\n<p>La 3\u00c3\u00a8me strophe dresse un bilan tout aussi implacable de notre condition, du moins de sa conclusion. Si cette strophe semble tomber de mani\u00c3\u00a8re un peu abrupte, il faut se rappeler qu\u00e2\u20ac\u2122elle s\u00e2\u20ac\u2122inspire d\u00e2\u20ac\u2122un texte plus ancien et que les strophes suivantes lui sont post\u00c3\u00a9rieures. N\u00c3\u00a9anmoins, elle s\u00e2\u20ac\u2122imbrique selon moi bien dans le rythme du chant en ce sens qu\u00e2\u20ac\u2122elle marque la fin de ce que j\u00e2\u20ac\u2122appelle le premier cycle, celui d\u00c3\u00a9di\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 la mort.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Strophe 4 :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivat academia, vivant professores, (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivat membrum quodlibet,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivant membra qu\u00c3\u00a6libet,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Semper sint in flore ! (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Vivent notre Facult\u00c3\u00a9, vivent les proesseurs,<\/p>\n<p>Vive chaque membre,<\/p>\n<p>Vivent tous les membres,<\/p>\n<p>Qu\u00e2\u20ac\u2122ils soient toujours florissants !<\/p>\n<p>La strophe n\u00c2\u00b04, dont la signification est relativement transparente et qui colle parfaitement \u00c3\u00a0 la th\u00c3\u00a9matique \u00c3\u00a9tudiante, semble avoir pos\u00c3\u00a9 pas mal de probl\u00c3\u00a8mes aux traducteurs de diff\u00c3\u00a9rentes langues, puisqu\u00e2\u20ac\u2122on retrouve des interpr\u00c3\u00a9tations aussi farfelues que :<\/p>\n<p>Que vivent tous les \u00c3\u00a9tudiants,<\/p>\n<p>Que vivent toutes les \u00c3\u00a9tudiantes<\/p>\n<p>Ou encore :<\/p>\n<p>Que vivent tous les dipl\u00c3\u00b4m\u00c3\u00a9s,<\/p>\n<p>Que vivent tous les non-dipl\u00c3\u00b4m\u00c3\u00a9s<\/p>\n<p>Voire m\u00c3\u00aame :<\/p>\n<p>Que vivent tous les membres (de la facult\u00c3\u00a9),<\/p>\n<p>Que vivent tous les membres du personnel<\/p>\n<p>Pourquoi ne pas citer le service technique, les \u00c3\u00a9quipes Adiclean et les cuistots de la Sodexho tant qu\u00e2\u20ac\u2122on y est ?<\/p>\n<p>Seule la traduction espagnole semble avoir gard\u00c3\u00a9 une signification proche de la version latine. En effet, les 2\u00c3\u00a8me et 3\u00c3\u00a8me vers souhaitent une vie longue et florissante d\u00e2\u20ac\u2122abord au membre de l\u00e2\u20ac\u2122 \u00c2\u00ab Academia \u00c2\u00bb en tant qu\u00e2\u20ac\u2122individu, et ensuite \u00c3\u00a0 tous les membres ensemble formant une unit\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p>Version espagnole :<\/p>\n<p>\u00c2\u00a1Viva la Universidad, vivan los maestros!<\/p>\n<p>Viva cada uno,<\/p>\n<p>vivan todos unidos,<\/p>\n<p>que est\u00c3\u00a9n siempre en flor.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Strophe 5 :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivant omnes virgines, graciles, formos\u00c3\u00a6 ! (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivant et mulieres,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Tener\u00c3\u00a6, amabiles,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Bon\u00c3\u00a6, laborios\u00c3\u00a6 ! (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Vivent toutes les vierges, gracieuses, belles<\/p>\n<p>Vivent aussi les femmes,<\/p>\n<p>Tendres, aimables,<\/p>\n<p>Bonnes, travailleuses !<\/p>\n<p>La 5\u00c3\u00a8me strophe \u00c3\u00a9voque un th\u00c3\u00a8me aussi peu \u00c3\u00a9quivoque, c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brant la femme, jeune ou plus vieille, quelle qu\u00e2\u20ac\u2122elle soit, bref la donneuse de vie et, ne le n\u00c3\u00a9gligeons pas, pourvoyeuse de plaisir physique.<\/p>\n<p>Pour ce qui est du GRACILES, Il existe une autre version, toute aussi ancienne, qui utilise FACILES en lieu et place de graciles.<\/p>\n<p>Pourquoi l\u00e2\u20ac\u2122une plut\u00c3\u00b4t que l\u00e2\u20ac\u2122autre ? Simplement le fait que graciles donne au final un texte plus coh\u00c3\u00a9rent, et permet une ambigu\u00c3\u00aft\u00c3\u00a9 int\u00c3\u00a9ressante. Deux traductions sont d\u00c3\u00a8s lors possible, soit \u00c2\u00ab gracieuses, belles \u00c2\u00bb, soit \u00c2\u00ab maigres, pulpeuses \u00c2\u00bb. Je vous laisse libre de choisir votre interpr\u00c3\u00a9tation, soit gentleman, soit gros lourd qui ratisse large.<\/p>\n<p><strong>Strophe 6 :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivat et res publica et qui illam regit ! (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vivat nostra civitas,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>M\u00c3\u00a6cenatum caritas,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Qu\u00c3\u00a6 nos hic protegit ! (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Vive l&rsquo;Etat et celui que le dirige !<\/p>\n<p>Vive notre cit\u00c3\u00a9,<\/p>\n<p>Et la g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rosit\u00c3\u00a9 des m\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a8nes,<\/p>\n<p>Qui nous prot\u00c3\u00a8ge ici !<\/p>\n<p>La 6\u00c3\u00a8me strophe continue sur les r\u00c3\u00a9jouissances en c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brant le syst\u00c3\u00a8me politique en place ainsi que ses dirigeants, ce qui peut \u00c3\u00aatre compris de mani\u00c3\u00a8re ironique en fonction des circonstances comme nous le verrons plus tard. La g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rosit\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9voqu\u00c3\u00a9e des m\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a8nes peut quant \u00c3\u00a0 elle peut \u00c3\u00a9galement \u00c3\u00aatre prise au pied de la lettre ou encore au 2\u00c3\u00a8me degr\u00c3\u00a9.<\/p>\n<p>Ces trois strophes-l\u00c3\u00a0 forment ce que je consid\u00c3\u00a8re comme le deuxi\u00c3\u00a8me cycle de ce chant, celui de la  vie. Ils peuvent \u00c3\u00a9ventuellement s\u00e2\u20ac\u2122interpr\u00c3\u00a9ter de fa\u00c3\u00a7on horizontale (l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tudiant qui c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8bre son alma mater et l\u00e2\u20ac\u2122apprentissage, les femmes et les plaisirs charnels, ainsi que leur insouciance rendue possible par d\u00e2\u20ac\u2122autres gens qui gouvernent pour eux et d\u00e2\u20ac\u2122autres qui les financent) ou de fa\u00c3\u00a7on verticale (la vie d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tudiant qui se prolonge par le fait de fonder une famille et l\u00e2\u20ac\u2122implication dans la vie de la communaut\u00c3\u00a9).<\/p>\n<p>Si on se donne la peine \u00c3\u00a0 ce stade-ci de regarder de mani\u00c3\u00a8re plus globale cette chanson, on peut constater que ma division en deux cycles n\u00e2\u20ac\u2122est pas si foireuse que \u00c3\u00a7a : Les trois premi\u00c3\u00a8res strophes sont clairement ax\u00c3\u00a9es sur le th\u00c3\u00a8me de la mort, et \u00c3\u00a9voquent respectivement le pr\u00c3\u00a9sent, le pass\u00c3\u00a9 et le futur, aussi sombres ou joyeux puissent-ils \u00c3\u00aatre.<\/p>\n<p>Ensuite viennent les 3 strophes suivantes qui abordent trois aspects de la vie : la vie intellectuelle, la vie biologique, et la vie sociale.<\/p>\n<p>Arrive ce que je consid\u00c3\u00a8re comme la conclusion de ce chant.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Strophe 7 :<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Pereat tristitia, pereant osores (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Pereat diabolus,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Quivis antistudius,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Atque irrisores ! (bis)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Que p\u00c3\u00a9risse la tristesse, que p\u00c3\u00a9rissent les haineux<\/p>\n<p>Que p\u00c3\u00a9risse le diable,<\/p>\n<p>Les ennemis de l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tudiant<\/p>\n<p>Ainsi que les railleurs !<\/p>\n<p>Aaaah, la 7\u00c3\u00a8me strophe ! L\u00c3\u00a0, c\u00e2\u20ac\u2122est la catastrophe, on retrouve tout et n\u00e2\u20ac\u2122importe quoi !<\/p>\n<p>D\u00c3\u00a8s le premier vers, certains traduisent osores par les ennuis, ce qui est un peu fade et ne colle pas trop avec le reste de la strophe, tandis que d\u00e2\u20ac\u2122autres s\u00e2\u20ac\u2122emballent et traduisent \u00c3\u00a7a par pr\u00c3\u00aateurs \u00c3\u00a0 gages\u00e2\u20ac\u00a6 Personnellement, il me semble que l\u00e2\u20ac\u2122interpr\u00c3\u00a9tation la plus plausible est ceux qui ha\u00c3\u00afssent, les \u00c3\u00a9tudiants \u00c3\u00a9tant alors sous-entendu.<\/p>\n<p>La deuxi\u00c3\u00a8me erreur commun\u00c3\u00a9ment commise concerne le 3\u00c3\u00a8me vers, o\u00c3\u00b9 on trouve r\u00c3\u00a9guli\u00c3\u00a8rement antiburschius. Cette version, qui est du latin de cuisine, nous vient d\u00e2\u20ac\u2122Allemagne et signifie \u00c2\u00ab ennemi des Burschen(schaften) \u00c2\u00bb, donc des (corporations d\u00e2\u20ac\u2122)\u00c3\u00a9tudiants.<\/p>\n<p>Si ce n\u00c3\u00a9ologisme remonte \u00c3\u00a0 1781, il \u00c3\u00a9tait probablement destin\u00c3\u00a9 a \u00c3\u00aatre remplac\u00c3\u00a9, en fonction du lieu et de l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9poque, par un \u00c2\u00ab chef d\u00c3\u00a9test\u00c3\u00a9 \u00c2\u00bb. De nos jours encore, certains ne cherchent pas \u00c3\u00a0 comprendre, et s\u00e2\u20ac\u2122obstinent \u00c3\u00a0 le retranscrire, g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ralement en omettant le s pour obtenir antiburchius, ce qui n\u00e2\u20ac\u2122arrange rien.<\/p>\n<p>Si l\u00e2\u20ac\u2122on consid\u00c3\u00a8re le Gaudeamus comme un chant \u00c3\u00a0 vocation universellement \u00c3\u00a9tudiante, il est d\u00c3\u00a8s lors plus logique de remplacer ce mot par un bon vieux antistudius g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9raliste et efficace.<\/p>\n<p>D\u00e2\u20ac\u2122autres enfin remplacent tout le vers par Patrie maledictus, \u00c2\u00ab maudits par la patrie \u00c2\u00bb, ce qui s\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9loigne \u00c3\u00a9galement de la vocation actuelle du chant et serait \u00c3\u00a0 nouveau d\u00e2\u20ac\u2122origine allemande. Les membres des Burschen(schaften) refusant le duel (la mensur) d\u00c3\u00a9shonoraient leur corporation et \u00c3\u00a9taient bannis de cette derni\u00c3\u00a8re, le si\u00c3\u00a8ge de la corporation \u00c3\u00a9tant la \u00c2\u00ab Patria \u00c2\u00bb en hommage \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122origine des corporation qui \u00c3\u00a9taient des r\u00c3\u00a9gionales.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le dernier vers, il est \u00c3\u00a0 noter que, probablement \u00c3\u00a9puis\u00c3\u00a9s par l\u00e2\u20ac\u2122effort, la plupart des traducteurs lui donnent comme signification \u00c2\u00ab Et les autres \u00c2\u00bb, bardaf, emball\u00c3\u00a9 c\u00e2\u20ac\u2122est pes\u00c3\u00a9, fini de se fatiguer. Je vous propose de vous moquer silencieusement d\u00e2\u20ac\u2122eux, merci.<\/p>\n<p>Je ne m\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tendrai plus longtemps sur cette strophe, car si on consid\u00c3\u00a8re la traduction que j\u00e2\u20ac\u2122en ai faite comme correcte, elle ne signifie rien d\u00e2\u20ac\u2122autre qu\u00e2\u20ac\u2122un pied de nez final qui peut se r\u00c3\u00a9sumer par : \u00c2\u00ab Et ceux qui sont pas content, allez vous faire voir ! \u00c2\u00bb<\/p>\n<p><strong>Juste \u00c3\u00a0 titre informatif, deux strophes apocryphes :<\/strong><\/p>\n<p><strong><em> <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Deus justos protegit, moransquamvis annos ; <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Impiis irascitur, <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Ad funesta sequitur <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Nemesis tyrannos. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em> <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Pereant qui contra fas regnant ut leones, <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Libertatis oppresores, <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Terrarumque vastatores, <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Pereant latrones !<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ces deux strophes sont quelque peu post\u00c3\u00a9rieures \u00c3\u00a0 la version de 1781, et n\u00e2\u20ac\u2122avaient pour but que de renforcer la 6\u00c3\u00a8me et 7\u00c3\u00a8me strophe, de les remplacer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gaudeamus Igitur\u00c2\u00a0: explication de texte Par Julien Vandenbosch (CBB) et Sam Moinil (CBB) De la bri\u00c3\u00a8vet\u00c3\u00a9 de la vie, Gaudeamus Igitur, le Gaudeamus, voire encore \u00c2\u00ab le truc en latin qu\u00e2\u20ac\u2122on chante au d\u00c3\u00a9but du cantus, l\u00c3\u00a0\u00e2\u20ac\u00a6 \u00c2\u00bb. 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